Chroniques 2019

1. oct., 2019

Plus rien ne m’étonne, dit l’éducateur blasé, pas même que les enfants paraissent revenus de tout.

Ils ne s’émerveillent plus…du latin mirari qui signifie s’étonner et dont dérive le miracle. Ah! ces classes lourdes où l’élève mesure par des bâillements et des rêves l’étonnante longueur de l’heure (Valéry). C’est bien du seul miracle qu’on peut espérer quelque émerveillement! Quant à l’enthousiasme, voilà encore un miracle… du grec cette fois: En-theos, en gros, avoir Dieu en soi. Rien que cela! A défaut d’enthousiasme ou d’émerveillement, on essayera au moins l’étonnement, dont on dit qu’il est au principe de toute philosophie.

Emerveillement, enthousiasme et étonnement diffèrent par la manière dont ils se manifestent. L’émerveillement est un climat serein, doucement perturbé de quelques émotions lentes et silencieuses. L’enthousiasme fait plus de bruit. Il est une forme d’incandescence qui porte l’esprit au blanc, avec parfois le corps et les sens émoustillés. Quant au simple étonnement, il peut consister en un flegme « so british », bien plus paisible que le tonnerre à l’origine de son nom. Au Collège, notre professeur de biologie nous disait toujours: « Messieurs, dans la vie, il faut s’étonner et ne s’énerver jamais. »

On s’émerveille, on s’enthousiasme devant un exploit, une oeuvre, une épiphanie de la nature ou l’autre aimé. Devant – parfois pour notre perte – un discours politique, idéologique ou religieux. Les dictateurs, les prédicateurs de tout poil sont des maîtres dans l’art de séduire, d’éveiller donc les plus béats émerveillements ou les enthousiasmes les plus fanatiques. L’émerveillement ne vaut que par son objet.

Et à l’école? Comment motiver les élèves confrontés à l’enchevêtrement des règles d’accord du participe passé, aux rigueurs d’un théorème à démontrer ou appliquer, aux supplices d’un vocabulaire à mémoriser, comme ces noms de fleuves si éloignés? Voilà des objets qui paraissent étouffer la flamme des dieux intérieurs. A la maison, remplacez les participes par la participation à la vaisselle et le théorème par l’heure du coucher, le dilemme demeure entier.

Antoine de La Garanderie considérait la motivation comme la raison de choisir, dans laquelle la conscience se reconnaît, que la conscience fait sienne, parce qu’elle se sent prise par elle.
 
La conscience se sent prise par une raison de choisir! Pas une envie fugace mais bien une raison de choisir. Nous associons trop souvent l’émerveillement à une frénésie momentanée de la sensibilité. Dès lors, cherchant à transmettre quelque connaissance à nos enfants ou réclamant d’eux quelque discipline élémentaire, nous sommes tentés d’éveiller leur intérêt en les chatouillant là où cela les amuse ou leur procure quelque excitation souvent étrangère à l’objet de connaissance lui-même.

Or, la raison de choisir les objets de connaissance que propose - par exemple - l’école ne peut consister qu’en ce que l’élève y reconnaisse le Beau, le Bien et le Vrai. Et pour que l’enfant s’y re-connaisse, il faut qu’il y ait été suffisamment exposé dès les premiers instants de sa vie. Si son univers est de laideur, de mépris de l’autre et de mensonge, rien de ce qui relève du Beau, du Bon et du Vrai ne saurait être reconnu dans les objets que nous lui proposons de connaître. Plus de raison de choisir, plus de motivation.

L'émerveillement, selon le neurobiologiste Gerald Hüther, est un engrais pour le cerveau. Cet engrais nourrit le cerveau à condition que l’élève devienne un pédagogue à l’égard de lui-même (La Garanderie), autrement dit, le maître transmet à l’élève des structures de sens devant lui abandonner le soin de découvrir par lui-même le sens de ces structures. C’est ainsi seulement que l’élève se sent pris par les raisons de choisir. Cela vaut pour la pédagogie, mais aussi pour tout acte éducatif.

Le Talmud insiste déjà sur le caractère volontaire et choisi de ce qui pousse à l’action: il ne s’agit pas d’être étonné mais de s’étonner et donc de se déprendre de l’habituel qui possède en propre cet effrayant pouvoir de nous déshabituer d’habiter l’essentiel, et souvent de façon si décisive qu’il ne nous laisse plus jamais parvenir à y habiter. (Heidegger)

Comme la motivation – qui est un acte – l’étonnement est une attitude que l’on choisit: (il n’est pas) une réaction par rapport au monde, c’est un acte délibéré, volontaire, totalement actif et créatif à la fois. L’origine de cet étonnement ne se trouve pas dans le monde, mais dans l’homme. (M.-A. Ouaknin)

Libérer chez l’enfant sa capacité d’émerveillement, d’enthousiasme ou simplement d’étonnement, c’est exercer son regard à s’aviser de la promesse des êtres et des choses. Un miracle qui est à la fois la source et le fruit de la connaissance.

(une autre version de ce texte est parue dans la revue Résonances d'octobre 2019)

27. août, 2019

Fin août. Les vacances s’achèvent et c’est l’heure de la rentrée: celle des enfants à l’école, des fonctionnaires à la fonction, des artisans à l’atelier et des pédalos au hangar. C’est aussi l’entrée en campagne des politiciens, avec leurs portraits fichés le long des routes. Même les idées, qu’on avait guère aperçues pendant les congés, font leur rentrée sans qu’on sache au juste d’où elles sortent.

Pas besoin de recourir au devin pour deviner que la mode du prochain automne sera aux idées vertes, ce qui est normal vu qu’il s’agit de campagnes. Et plus que de mode, on pourrait parler d’effet Greta, du nom de cette jeune personne qu’on dit autiste et qui annonce, un peu comme les témoins de Jéhovah, la fin d’un système de choses.

Le réchauffement climatique est le répulsif universel, la croix gammée, la chemise brune, la faucille et le marteau. Son premier effet visible est l’échauffement des esprits.  A l’école, au parlement comme dans les médias, on chante, la main sur le coeur, l’hymne patriotique des citoyens d’une terre à l’agonie: Aux larmes, citoyens, formez vos bataillons, à terre laissez vos avions, au garage vos polluants fardiers, répudiez la jambonette, écrasez la cigarette et sauvez la planète.

Sauver la planète! Ce n’est pas une mauvaise idée mais, pour le dire simplement, la planète se promène depuis quelques milliards d’années autour du soleil et poursuivra sa ronde jusqu’à l’épuisement du grand astre. Nul échauffement ne saurait faire ciller son orbe même si, à force de lui en faire voir de toutes les couleurs – verte exceptée – elle pourrait se montrer moins conciliante à l’égard de la vie.

S’il y a donc quelque chose à sauver, c’est moins la planète que la vie… encore que la vie, par définition, n’est pas sauvable puisque la mort est de toutes façons son horizon tragique et inéluctable. Vive donc le développement durable, même s’il n’est que provisoirement durable!

La mort, justement: il y a celle contre laquelle on ne peut rien…les dinosaures ont disparu, ce qui est assez rassurant lorsqu’on se promène seul avec son chien. On déplore aussi l’extinction de l’Archaeoindris fontoynonti, une sorte de gorille dont le nom faisait une alternative efficace aux cailloux de Démosthène. Mais il est vrai qu’en plus de ces pertes fatales et naturelles – et dont il n’est pas trop difficile de se consoler –, il y a les morts que nos comportements irresponsables pourraient susciter ou accélérer et contre lesquelles il faudrait sans délai se ranger en ordre de bataille.

Contrairement à ce qu’on nous serine partout, nos légèretés ne sont pas que de plastic et de pétrole. Il existe des moyens bien plus rapides et efficaces pour effacer la vie sur terre. Voyez, par exemple l’esprit dérangé de quelques dirigeants politiques à l’index crispé sur la gâchette du feu nucléaire. Ils sont atteints de ce virus du tueur que Devos décrivait comme un chromosome en plus dans une case en moins, même s’il est vrai qu’à y regarder de près, ceux qui possèdent le chromosome tueur en plus ont généralement la case écologique en moins.

On parle ça et là de réarmement, de volonté des grandes puissances d’en découdre, d’instabilité géostratégique mais cette menace défraie moins la chronique que les soucis environnementaux. Dans les conversations et les éditoriaux, on devise du temps qu’il fait et du temps qu’il fera pour oublier que bientôt peut-être, il ne fera plus de temps du tout. Et l’on s’imagine alors – comme le relève Etienne Bariller dans une chronique de l’Echo Magazine – que faire le temps serait à notre portée, ce dont Faust lui-même n’aurait pu rêver.

La prochaine grande guerre nous fera nous entretuer par milliers de degrés interposés, face auxquels les deux ou cinq degrés du réchauffement ne feront pas le poids. Un air saturé de radiations pourrait même éveiller en nous la nostalgie des particules fines. D’ailleurs, même pas besoin d’une guerre: il suffit d’un très pacifique incident technique pour provoquer, un peu plus lentement il est vrai, le même cataclysme. Regrettable que nulle Greta ne siège parmi le gratin des prophètes… sinon un Slobodan Despot, les couettes en moins, dont il faut lire l’excellent et glaçant roman Le Rayon Bleu.

On peut facilement en rajouter aux questions qui fâchent et que masque, comme si c’était fait exprès, la fixation obsessionnelle sur le problème de l’environnement: Quand nous serons devenus des robots, quand notre intelligence se glorifiera d’être artificielle, quand l’automatique aura supplanté le dynamique, quand nous serons surveillés, évalués, notés et punis par des algorithmes, quand les bébés se feront en laboratoire plutôt qu’en une étreinte, quand la technoligence aura remplacé l’intelligence, quand le divertissement planifié et obligatoire aura interdit la méditation, quand le mensonge sera érigé en vertu et les fake news en instruments de pouvoir, quand la liberté sera enseignée à nos enfants comme une erreur de l’histoire, quand quelques hommes étoufferont sous leur richesse pendant que d’autres mendieront leur nourriture, alors nous pourrons nous demander si le monde, si ce monde déglingué vaut encore qu’on le sauve!

Mais foin de pessimisme. Les hommes de 1914 ou de 1939 ne voyaient pas s’ouvrir devant eux des perspectives plus réjouissantes. Il leur a fallu passer à la moulinette et puis se relever, contre toute espérance.

Et si nous nous réveillons de nos torpeurs et acceptons d’en rabattre un peu sur nos sottises et nos coupables silences, il y a peut-être de quoi se dire qu’une fois encore, nous nous en sortirons. Mais  cette fois, ce sera in extremis!

17. août, 2019

La lutte suisse est un sport bien de chez nous: deux colosses encalçonnés combattent se cramponnant à la culotte de l’autre jusqu’à ce que le plus fort soulève le gros quintal de son adversaire et le plaque dans la sciure. Yodel et cor des alpes en rajoutent au folklore.

Tradition pure et bon enfant… mais les moyens de communication s’engagent résolument dans la modernité: un clip vidéo met en scène un jeune homme gracile d’origine africaine, Charles Nguela, s’exerçant à combattre l’impressionnant Stefan Burkhalter contre lequel, évidemment, il ne peut rien. Et le petit Charles finit suspendu à un crochet en implorant du secours.

Il n’en faut pas plus pour que toutes les dames patronnesses des ligues antiracistes hurlent au scandale et militent pour que la publicité soit interdite.

Imaginons un autre scénario, tout aussi plausible. Charles s’est porté volontaire – ce qui est avéré – pour jouer dans ce sketch… où il semble d’ailleurs bien s’amuser. Mais le réalisateur le recale au prétexte qu’il est noir. Les mêmes ligues de moraline eussent alors crié à la discrimination raciale et réclamé des sanctions dans un même élan.

On a voulu, dans les années septante, se débarrasser de la morale judéo-chrétienne, jugée oppressante et liberticide. On se retrouve aujourd’hui avec une nouvelle morale – un néo-moralisme plutôt – fondée sur une susceptibilité exacerbée dès qu’il s’agit de racisme, d’Islam, de genre ou de toutes les phobies récusant le sourire.

Or, Charles Nguela est un acteur humoriste à succès, dont le fond de commerce repose sur une forme d’auto-dérision parfaitement assumée.

La morale judéo-chrétienne n’était pas drôle mais le moralisme qui l’a remplacé subira le même le sort s’il ne se décontracte pas un peu.

14. août, 2019

Il y a chez l’homme – et je m’inclus dans le diagnostic – un besoin pathétique de se faire valoir dès lors qu’il ouvre la bouche, écrit ou communique d’une quelconque manière.

Tenez! Par exemple: Ecrivant ces lignes – et celles qui précèdent, et celles qui suivront – je réponds évidemment à un appel intérieur. J’offre à mon goût immodéré des mots l’hospitalité de quelques phrases. Je m’ingénie à fournir un peu d’oxygène à mes neurones tentés de se livrer aux siestes lascives de la retraite. Peut-être même qu’écrire éveillera l’esprit d’un lecteur, amusera un autre ou agacera un troisième, mon préféré.

Fortifiez-vous à la pensée que j’ai l’ambition de vous déplaire et laissez-moi l’espérance d’y parvenir, écrit en exergue le fulminant Léon Bloy, lequel, proférant l’aphorisme, demeure toutefois habité de l’espérance que son ambition de déplaire finalement plaira.

Et lorsque je vous dis que j’écris par amour des mots, discipline intellectuelle ou générosité à l’égard d’autrui, ne suis-je pas en train de masquer sous de bons et nobles faux-semblants ce qui constitue, in fine, l’énergie secrète qui mobilise ma plume: me lisser les plumes, précisément? En un mot comme en cent: pathétique!

Ecrire, c’est tôt ou tard faire le malin. A un moment où à un autre. Inévitablement. Irrésistiblement, écrit, merveilleusement lucide, Christian Bobin qui pourrait dire la même chose de la parole publique ou de la conférence.

La conférence, précisément! Il m’arrive souvent de céder à la tentation d’en proférer. La conférence, à en croire Dom Hilaire Duesberg – un esprit hors-norme que j’ai eu la chance de rencontrer dans ma jeunesse chez mon oncle Roger Nordmann…   Stop!  Vous voyez, comment en trois lignes d’apparence anodines, je viens de vous suggérer primo qu’on m’invite à prononcer des conférences… et je masque l’orgueil que j’en tire en évoquant la tentation… secundo que Duesberg est un vieux copain, tertio que j’appelais tonton Roger Nordmann, célèbre journaliste, chroniqueur, fondateur de la Chaîne du bonheur…ça en jette, tout de même! Je vous le disais: pathétique!

Reprenons! La conférence, à en croire Dom Hilaire Duesberg, naquit à une époque où la parole était serve et la pensée condamnée à se montrer frivole. A l’éloge du public, disons tout de suite qu’il s’en fatigua vite… Face au public, l’illustre et distingué conférencier doit se pénétrer du sentiment de ses devoirs. On l’invite à un soliloque pour mieux le séparer du reste de la salle, on le présente en termes choisis qui rendraient muette une pie. La  présentation tient de l’éloge funèbre qui le retranche des vivants, de la vie romancée qui le transforme en héros à panache…

Bref, la conférence commence par un lissage des plumes de l’orateur, à qui l’on passe la parole afin qu’il se commette lui-même à cette cosmétique compulsive du moi.

Lecteurs, vous savez que j’ai travaillé un peu à promouvoir la pédagogie des élèves dits surdoués, que j’ai fondé pour eux une école, écrit quelques livres les concernant – évidemment sans la moindre volonté cachée de suggérer à autrui que j’appartiendrais moi aussi à leur secte… ou que peut-être, je serais épouvantablement frustré qu’on ne me considérât point comme en faisant partie. Pathétique!

Je me console en décryptant le discours de mes collègues spécialistes: il ne s’écoule pas trois phrases avant qu’une subtile allusion, une évocation proférée en passant, ne suggère qu’eux aussi ont souffert – les pauvres – d’être des personnes encombrées de surefficience mentale, selon l’oxymorique définition qu’ont voulu donner des haut-potentiels des spécialistes masquant sous couvert de compassion la quête d’une admiration. Pathétique, une fois encore!

Cela vaut, à peu près, pour toute parole proférée, surtout quand elle émane d’un esprit cultivé. Le phénomène ne s’atténue que chez les humbles – ceux qui peuvent se dire tels tout en le demeurant (Nahman de Bratzlav) – ou chez quelques esprits vraiment supérieurs dont l’intelligence est portée à une incandescence propre à consumer en eux le souci de se faire valoir au regard des autres. Cela ne peut être que le fruit d’un effort intense et d’une attention constante…presque impossible.

C’est que, inévitablement, pathétiquement, l’homme est en quête d’exister en se comparant à ses semblables. Il lui faut trouver la différence même infime qui lui permettra de s’exhausser imperceptiblement, ne serait-ce que sous un aspect subalterne, au-dessus l’autre, de susciter chez ce dernier quelque étincelle d’envie dans le regard, quelque mot de consolation, quelque regret d’être autre. Celui qui prétend n’être pas habité de cette angoisse commune de se faire valoir en est habité par le seul fait de le nier.

Pathétique, mais c’est le lot commun. Se taire serait encore une manière faire dire au silence qu’on est de ceux qui ont renoncé à se lisser les plumes.

Alors? Parler, écrire, oui, mais avec la claire conscience qu’il y a toujours à la manoeuvre un moi minuscule et avide de l’être moins.

7. août, 2019

Rire, c’est bon pour la santé, déclarait sans rire notre Président, qui, deux ans plus tard, quitterait son siège de Conseiller Fédéral…pour des raisons de santé.

Mais tous les médecins vous le diront: plutôt que rire, il faut bouger. C’est même écrit sur toutes les publicités alimentaires de la TV française. Voilà qui explique la santé florissante de nos voisins, qui passent le plus clair de leur temps à défiler sur les rues.

Manif pour tous contre Mariage pour tous, marches blanches ou jaunes en gilet, ou encore roses gay voire arc-en ciel LGBT, de gauche souvent, de droite parfois avec toujours la confrontation aux robocops qui garantissent le caractère sportif de l’affaire.

Chez nous aussi, on s’est avisé des bienfaits de la bougeotte boulevardière: marche pour le climat, marche des femmes, cortèges du premier mai avec une Conseillère Fédérale, défilé de la fête des vignerons avec un Président hilare,… bref, ça marche en Suisse et c’est tout bénéfice pour le coeur et les artères. Se ruer à mille sur la rue, c’est comme le rire: bon pour la santé.

Au fond, rien de très nouveau… Avant de descendre dans la rue – on pourrait imaginer que sur la rue fût suffisant – on avait les processions religieuses: chaque année, on manifestait à la Fête-Dieu, avec fanfares et escadrons militaires qui en profitaient pour se dégourdir les jambes. On battait le pavé des rogations en scandant en choeur: Plût au ciel qu’il plût sur terre. On paradait brandissant comme un trophée un bout de saint enchâssé dans un reliquaire d’or… et les robocops participaient à fête.

Manifestation ou procession, voilà le monde divisé en deux: ceux qui marchent et ceux qui regardent marcher. Et ceux qui marchent marchent pour être vus de ceux qui ne marchent pas… et qui feraient mieux de marcher eux aussi pour améliorer leur circulation sanguine car rien n’est plus nocif à la santé que de rester là planté à regarder bouger les autres, même lorsque le spectacle prête à rire.

Et lorsque tous se seront mis en marche, il n’y aura plus personne pour regarder et donc plus aucune raison de défiler: une piste à creuser pour les services de sécurité.