4. avr., 2019

Le réel de la religion

Allez! On va parler encore religion. Quand on en parle, on est presque obligé de dire des bêtises: les cathos sont des abuseurs, les musulmans des terroristes, les juifs des grippe-sous, les bouddhistes planent dans le zen azur et les protestants protestent. On croit parler de religion mais c’est d’hommes et de femmes dont il est question, c’est à dire de bestioles pas tout-à-fait achevées, souvent déglinguées et qui éprouvent comme un besoin compulsif de se rouler dans la boue chaque fois que l’occasion se présente. Voilà l’homme, expert ès-pollutions. Et ce n’est pas seulement le monde qu’il souille. Il infecte aussi la religion. Il va jusqu’à polluer Dieu.


Dieu, justement!

Il y a ce qu’on dit de lui et ce qu’on lui dit.

Ce qu’on en dit est récit. Simplement une chétive tentative d’esquisser l’indicible. On ne sait pas mais on essaie. Le discours n’est qu’approche.

Ce que nous lui disons est certain. Nous ne savons rien de ce qu’il entend mais aucun doute sur le fait que nous parlons. Nous savons notre propre détresse lorsque nous demandons et notre joie lorsque nous remercions. Détresse et joie dites sont sûres.

La prière – dit Valéry –  est le seul réel de la religion.