7. août, 2019

Marcher, c'est bon pour la santé

Rire, c’est bon pour la santé, déclarait sans rire notre Président, qui, deux ans plus tard, quitterait son siège de Conseiller Fédéral…pour des raisons de santé.

Mais tous les médecins vous le diront: plutôt que rire, il faut bouger. C’est même écrit sur toutes les publicités alimentaires de la TV française. Voilà qui explique la santé florissante de nos voisins, qui passent le plus clair de leur temps à défiler sur les rues.

Manif pour tous contre Mariage pour tous, marches blanches ou jaunes en gilet, ou encore roses gay voire arc-en ciel LGBT, de gauche souvent, de droite parfois avec toujours la confrontation aux robocops qui garantissent le caractère sportif de l’affaire.

Chez nous aussi, on s’est avisé des bienfaits de la bougeotte boulevardière: marche pour le climat, marche des femmes, cortèges du premier mai avec une Conseillère Fédérale, défilé de la fête des vignerons avec un Président hilare,… bref, ça marche en Suisse et c’est tout bénéfice pour le coeur et les artères. Se ruer à mille sur la rue, c’est comme le rire: bon pour la santé.

Au fond, rien de très nouveau… Avant de descendre dans la rue – on pourrait imaginer que sur la rue fût suffisant – on avait les processions religieuses: chaque année, on manifestait à la Fête-Dieu, avec fanfares et escadrons militaires qui en profitaient pour se dégourdir les jambes. On battait le pavé des rogations en scandant en choeur: Plût au ciel qu’il plût sur terre. On paradait brandissant comme un trophée un bout de saint enchâssé dans un reliquaire d’or… et les robocops participaient à fête.

Manifestation ou procession, voilà le monde divisé en deux: ceux qui marchent et ceux qui regardent marcher. Et ceux qui marchent marchent pour être vus de ceux qui ne marchent pas… et qui feraient mieux de marcher eux aussi pour améliorer leur circulation sanguine car rien n’est plus nocif à la santé que de rester là planté à regarder bouger les autres, même lorsque le spectacle prête à rire.

Et lorsque tous se seront mis en marche, il n’y aura plus personne pour regarder et donc plus aucune raison de défiler: une piste à creuser pour les services de sécurité.