26. janv., 2021

Perles de Covid

Rire, c’est bon pour la santé, déclarait en 2016 un de nos Ministres. Le discours fut récité sur le ton primesautier de qui vient annoncer au monde la fin des temps et fit rapidement le tour de la planète: on dit, en novlangue, que la vidéo fut virale... tiens, déjà! Et si le rire de Schneider-Ammann valait les vaccins de Pfizer et Moderna?

La formule peut aussi se lire à l’envers: la santé, c’est bon pour le rire, car l’hystérie sanitaire – ou idéologique? – qui présentement nous agite, engendre parfois des perles distrayantes.

Cela se passe à Zürich: un homme dans la force de l’âge et très absorbé par son travail professionnel, ressent un jour des frissons, mesure un peu de fièvre, bref se demande tout simplement s’il n’a pas pris froid... comme on disait à l’époque où les choses étaient simples. Conscient de ses responsabilités, l’homme appelle la centrale de détection Covid. On lui fixe un rendez-vous au Corona Test Center. L’homme se présente mais il y a foule. Interminable attente. C’en est trop pour notre refroidi, qui a agencé un rendez-vous d’affaires. Il renonce donc au test et s’en va. L’après-midi même, il reçoit par courriel l’avis qu’il est positif au Covid... et qu’il est, partant, assigné à résidence! L’affaire n’est pas exceptionnelle, puisqu’on rapporte à Zürich au moins une autre situation identique.

Pas besoin de s’exiler en la lointaine Suisse alémanique pour s’amuser un peu: dans une bourgade fribourgeoise, une institutrice reçoit elle aussi un avis de test positif: elle n’a pas vu de médecin depuis des semaines, ni effectué le moindre test, ni même songé à le faire comme nos amis Zurichois, positifs pour y avoir seulement songé. Son employeur est informé – qu’a-t-on fait du secret médical? – et impose la quarantaine à sa collaboratrice. Il est bien connu qu’il vaut mieux se fier à un courrier administratif qu’à ses propres collègues!

Une autre perle? Un ami demeurant en Ukraine doit se rendre à Varsovie. A l’aéroport de Kiev-Borypil, mesures sanitaires classiques: distance, masques, désinfectants. On ne plaisante pas avec l’épidémie! On embarque dans l’avion, serrés comme des sardines. Le repas est servi et tout le monde enlève le masque, car on ne sait pas encore manger avec les oreilles. Arrivée à Varsovie: garde-à-vous fixe! Et votre masque? Et vos mains? Et la distance?

L’ami de passage s’appelle Chrysostome. En grec, – car il est grec, entre autres – cela signifie bouche d’or. Dommage de bâillonner un tel organe. Il me dit: En Ukraine, nous nous méfions du virus... mais en toute décontraction. La vie est presque normale.

Même constat d’un autre ami de passage en Serbie... et qui nous envoie une vidéo depuis un magnifique restaurant qui fonctionne normalement. Avec ce commentaire: Le rideau de fer s’est inversé: on se sent plus libre à l’est qu’à l’ouest. Toujours de l’humour... noir pour le coup.

Il en résulte que, pour « en croquer une », il suffit de se rendre en Ukraine ou en Serbie. De quoi se plaint-on?

Poursuivons l’inventaire de nos perles dans les huitres de l’administration fédérale. Le site officiel énonce les règles à respecter lorsqu’on s’en revient d’un pays figurant sur la liste noire: obligation de se mettre en quarantaine, même avec un PCR négatif, même avec une vaccination anti-covid. On en déduit qu’un PCR négatif pourrait n’être pas si négatif que cela. En y ajoutant un peu de mauvais esprit, on en déduirait presque que positif, le test pourrait ne l’être, là aussi, qu’en apparence. Quand au vaccin, on ne sait pas trop de quoi il protège, ni combien de temps il immunise, ni s’il prémunit les autres. C’est dit explicitement sur le site de l’administration fédérale. On comprend dès lors la généralisation des tests dans les écoles... tout comme la frénésie vaccinale.

S’en revenant d’un pays africain suspect, un diplomate s’en retourne dans sa Suisse d’origine, avec femme et enfants. Aucune mesure sanitaire à leur encontre... sauf pour la fille aînée, qui a eu la mauvaise idée d’avoir fêté un peu plus tôt son 25ème anniversaire. A 25 ans, on perd le bénéfice du passeport diplomatique. Conséquence: quarantaine obligatoire, pour elle seulement. Normal: ne parle-t-on pas d’immunité diplomatique?

Une perle vaccinale pour conclure: Le Pfizer – dont certains prétendent qu’il serait davantage un médicament qu’un vaccin – est encore en phase expérimentale. L’expérience est prévue jusqu’en ...2022. C’est inscrit sur le Protocole.

Il en résulte que si vous tenez absolument à vous faire vacciner, n’oubliez pas de lire la notice d’emballage... mais en évitant soigneusement de demander conseil à votre spécialiste, nos spécialistes n’ayant, semble-t-il, pas le temps de lire les prospectus.

Tout cela rappelle les aventures du Père Ubu, dans la pièce d’Alfred Jarry: Ubu roi.

Ubu, sous influence de sa task force d’épouse, la mère Ubu, se livre à quelques conquêtes et exactions. La mère Ubu finit par s’affoler du déchaînement de violence... mais ne parvient plus à contenir la fougue autoritaire et sanglante de son ubuesque mari, lequel – à côté de quelques savoureux massacres – instaure de nouveaux impôts qu’il va récolter en personne, escorté de sa garde rapprochée: les Grippe-sous et les Salopins de finances. Parmi les nouveaux impôts à percevoir: une taxe de quinze francs sur chaque décès.

Le prix, approximatif – car il demeure secret –, d’une dose de vaccin.

Ah! J’allais oublier. Dans la panoplie guerrière du Père Ubu, il y a la machine à décerveler: pas d’outil plus efficace pour conquérir le pouvoir. Et cette machine, on la célèbre par un chant vibrant en fin de pièce:

« Voyez, voyez la machin’tourner
Voyez, voyez la cervell’sauter
Voyez, voyez les Rentiers trembler

Hourra,cornes-au-cul, vive le Père Ubu! »