16. mai, 2021

Il se passe des choses bizarres

Les accords de Schengen, d’aucuns les louent, d’autres les conspuent. Ouvrir, fermer ou entrouvrir les frontières, voilà un sujet polémique et on ne se mettra sans doute jamais d’accord sur l’angle d’ouverture de la porte. Sauf sur un point peut-être: c’est tout de même bien agréable de franchir une frontière sans trop de tracasseries. C’est qu’avant Schengen, on avait toujours, à l’injonction du douanier, ce petit sentiment de culpabilité désagréable, comme si le simple fait de voyager était suspect. Il y avait la peur – ou alors la certitude – de trimballer une marchandise illégale… mais aussi d’être affublé d’un faciès un peu louche. Portant, dans mon âge mûr, la barbe un peu longue, on m’avait informé que j’avais une tête de terroriste! Aujourd’hui, on franchit les frontières européennes sans même s’en aviser et les « contrôles » aux douanes suisses sont généralement symboliques. Je ne possède pas de passeport et ma carte d’identité est largement périmée. Personne ne s’en offusque. C’est un petit air de liberté. Son dernier souffle peut-être!

Et puis, il n’y a pas que le tourisme: que l’on puisse accueillir des travailleurs étrangers ou se faire soi même embaucher dans un pays européen, c’est, en soi, une bonne affaire. Et la fermeture des frontières, promulguée à l’occasion de la saga covidienne, fut vécue comme une entrave sérieuse à notre liberté.

Et voilà le moment que nous choisissons – et c’est là que c’est bizarre – pour nous déclarer prêts à racheter la liberté confisquée au prix d’un « passeport vaccinal », sorte de certificat de pureté qu’il faudra brandir bien avant d’avoir atteint la frontière du pays. Et là, pas question d’en présenter qui serait périmé… comme ma carte d’identité. Le sésame, il faudra le tenir à jour. Une fois, deux fois par an, un tampon pour le prix d’une piqûre. Et vous allez voir: la vaccination se fera bientôt à la mitraillette, tant il est vrai qu’on va voir apparaître milles variants, virus, bactéries et autres désagréables bestioles qui toutes seront vouées à la destruction massive par les troupes d’élite des « pharmas ».

Mais il y a plus bizarre encore. Passe encore qu’on puisse justifier l’affaire par la panique engendrée par l’actuelle et déclinante pandémie. L’étrange est que l’idée d’un vaccin universel lui est antérieure. Pour la Commission européenne et l’OMS, l’affaire est pliée depuis le mois de septembre 2019 déjà, avant donc les premières agitations covidiennes. C’était le 12 septembre pour être précis, jour où se tint le Global Vaccination Summit à Bruxelles. On décida d’un plan de vaccination universelle et obligatoire, qui devrait entrer en vigueur en 2022. On a beau répéter que nul ne sera tenu à l’injection… dans le concret de la vie, ce sera tout comme. D’ailleurs, dans les actions à entreprendre, celle qui porte le numéro 9 consiste à repérer et combattre toutes les « désinformations vaccinales »… entendez toutes les opinions qui auraient comme un goût de résistance. Pour passer les frontières, mais peut-être aussi pour entrer dans la salle de concert ou de théâtre… et pourquoi pas dans les églises, et pourquoi pas dans les magasins, il faudra apporter la preuve par Q+R que l’on n’appartient pas à une race de pestiférés. C’est un peu l’étoile jaune à l’envers: dans le monde nazi, on devait porter à la boutonnière le symbole de ce que l'on tenait pour une impureté. Il faudra désormais arborer celui de la pureté. Bizarre, une fois encore, que le Covid 19 se révèle comme une occasion rêvée de mettre en oeuvre le projet.

Tout aussi bizarre, cette conférence, tenue à New-York le 18 octobre 2019, dite « Event 201 ». Il s’agit en fait d’un grand exercice de simulation d’une épidémie mondiale, du type SRAS 2002. Les travaux furent inaugurés par la directrice adjointe du « Centre John-Hopkins pour la sécurité sanitaire », Mme Cicero. En première loge, au titre de partenaires de l’évènement: le Forum de Davos et la fondation Gates, comme par hasard…bizarre.

Et n’allez pas m’accuser de pensées complotistes! Comment qualifierai-je de complot un projet élaboré au grand jour, au vu et au su de quiconque se donne la peine de s’informer un peu? Soyons bons joueurs: il faut porter au crédit des vaccinomanes et des promoteurs de l’ordre nouveau un indéniable souci de transparence. Allez-y voir par vous-même: les actes du «colloque» sont disponibles sur www.centerforhealthsecurity.org/event201.

Le 13 juin prochain les Suisses auront à approuver ou rejeter la « Loi Covid ». Il se murmure dans les sondages que le « oui » l’emporterait. Voilà qui est bizarre! Le projet de Loi, certes, ne concerne pas directement la vaccination. Mais, d’une part, il entérine la politique…bizarre menée par nos autorités, inassouvies de mesures dont à peu près tout le monde s’accorde à railler l’incohérence. D’autre part, le projet prévoit de transférer toujours davantage de compétences à l’Etat central, et des compétences médicales! J’ai, jadis, ferraillé contre l’étatisation de l’éducation, avec, entre autres arguments, que jamais nous n’accepterions une aussi massive ingérence de l’Etat dans notre système de santé. Erreur! Nous voici à deux doigt de l’accepter.

Avec la présence sur son sol du fameux « forum de Davos »,  le citoyen suisse devrait être le premier à s’aviser qu’au-delà de la question sanitaire, l’affaire relève d’une tendance bien plus générale qui veut encadrer les débris de la liberté dans un système de surveillance généralisée. La « loi Covid », pour mesurée qu’elle puisse apparaître, est une pierre dans la construction de la société nouvelle dont rêvent depuis des décennies Klaus Schwab et ses affidés.(Cf ma chronique du 2.2.2021). Bizarre que, dans un pays si attaché aux libertés individuelles, cela ne nous saute pas aux yeux!

Autre bizarrerie: le même 13 juin, il s’agira d’approuver ou de rejeter une loi sécuritaire, censée nous protéger des risques terroristes. Encore une occasion pour le citoyen suisse – le dernier à qui l’on demande pour l’instant son avis – de tisser lui-même la corde avec laquelle il va se pendre. Voilà qui rappelle le vote – bizarre lui-aussi – sur les minarets. On n’avait aucun problème avec les minarets… mais on nous avait convaincus qu’à ne pas résoudre cette absence de problème, on allait avoir de gros problèmes. Il en va de même avec la loi « anti-terroriste ». La Suisse figure parmi les pays où le terrorisme est pratiquement absent… et voilà qu’elle veut se doter d’un arsenal judiciaire et policier profondément liberticide et tout à fait surdimensionné… alors que les lois actuelles – si elles étaient appliquées – suffiraient largement à l’affaire.

Une fois encore: bizarre. Bizarre que la liberté, si profondément encrée dans l’ADN helvétique, ne paraisse plus mériter qu’on la protège. Il y a là comme une résignation aussi lâche que sotte. Si deux « oui » sortent des urnes, on pourra appliquer au citoyen suisse la formule employée pas des ecclésiastiques taquins à l’égard du Pape Paul VI. On disait que sa devise était « firma; piange ». Autrement dit: d’abord je signe… et ensuite je pleure. Paul VI a, par exemple, modifié la pratique des catholiques à l’égard du culte des saints… et puis n’a cessé de pleurer, parce que les fidèles ne vénéraient plus leurs saints.

Ce sera pareil le 13 juin: on va signer, par peur ou par paresse, la fin de nos libertés – ou tout au moins le début de leur fin… et ce sera ensuite le temps de larmes, quand on aura réalisé que ce que l’on a perdu est définitivement perdu. Et si l’on ne voit pas – ou si l’on ne veut pas voir – le tragique enjeu de l’affaire, c’est qu’on a déjà renoncé au combat.

Et accepté de célébrer une messe où Orwell n’est qu’un enfant de choeur!