21. mars, 2020

Coronachronique des effets secondaires

Le Covid19, c’est embêtant, dramatique et mortel parfois. Du coup, on ne parle plus que de cela, oubliant d’autres misères dont, stupéfaits, nous découvrirons les ravages une fois la crise passée.

On concentre donc tous les efforts – y compris ceux de l’information – sur la pandémie, oubliant parfois qu’être malade, c’est toujours l’être deux fois. Une première fois de la maladie elle-même, une seconde des effets secondaires des médicaments.

Contre le virus, on n’a pour l’instant pas d’autre remède que la semaine des sept dimanches… et encore des dimanches très calmes. Il faut se calfeutrer chez soi, se désinfecter et, reconnaissons-le, se méfier des autres et se savoir l’autre dont les autres se méfient.

Ce remède, bricolé dans l’urgence des officines politiques, il faut l’absorber. On n’a pas le choix, surtout lorsque on a l’âge qu’on a et qu’on a mis plus de 65 ans à l’avoir, comme disaient les « Vieux de la vieille » (Grangier 1960)

J’ai été malade, il y a quelques années. La chimie a réglé le problème en un mois mais il m’a fallu plus d’une année pour me remettre du traitement… au point que, pour mon petit avenir privé, pliable et portatif, je redoute moins la rechute que les molécules censées me relever.

La potion Berset, ou les mesures OMS, ou la déclaration de guerre macronienne, ou les ordres de confinement plus ou moins stricts vont sans doute nous conduire à une (provisoire?) rémission. Une fois encore: n’ergotons pas et avalons la pilule.

Sachant que ce faisant, nous acceptons sans broncher que l’on décide  en haut lieu de nos faits et gestes, que désormais la sécurité prime sur la liberté, que nos « smartphones », pas si « smart » que cela, serviront de traceurs implacables, que pour cela il faudra bien, pour notre bien, augmenter la puissance des émetteurs, faire de nous des zombies automatisés et algorythmisés, qu’on nous imposera la santé connectée et l’hygiène de vie conforme au plan.

Au fond, on va sauver l’homme en le supprimant, en l’abolissant comme le prévoyait C.S Lewis. Peut-être faudrait-il réfléchir dès aujourd’hui à cet effet – prioritaire plus que secondaire – pour qu’un jour il n’explose pas devant nous comme un virus échappé de Chine ou d’ailleurs et contre lequel nous n’aurons, au lieu de Sagesse, que la panique pour nous prémunir.