15. avr., 2020

Chronique d’un examen de conscience qui ne vaut pas tripette

Le temps est à la bise: il y a celle qui souffle, glaçant jusqu’aux rayons du soleil et celle qu’il ne faut plus faire à autrui sous peine de le coronavirer. C’est – ce sont – de bonnes nouvelles. La bise du temps maintient les températures à des valeurs raisonnables, mettons un ou deux degrés celsius, ce qui est amplement suffisant. Le confinement des bises humides, ainsi privées de s’épandre sur de flasques joues, est encore plus désirable. On aura désormais des raisons scientifiques de s’abstenir de ce rituel social… inutile et peu ragoûtant.

Le temps est aussi à l’examen de conscience: on se repend de tout, on demande pardon à tout le monde. On se délecte pataugeant dans le sucre glace de la culpabilité. La blancheur de peau, les colonies, les croisades, le sexisme, l’homophobie, l’islamophobie: Ah! Que nous sommes mauvais! Avec cette nuance que ce sont  nos ancêtres ou nos parents que nous assignons à confesse. On appelle cela la contrition posthume.

Aujourd’hui, le repentir est coronaviral: figurez-vous que nos autorités savaient qu’une pandémie allait se produire. Depuis plus de dix ans, la CIA l’annonçait provenant de Chine ou de Hong-Kong… avec une petite erreur puisque qu’elle en prévoyait les ravages pour 2025. Des savants avertissent depuis des lustres. Notre " Protection civile » est au garde-à-vous. Au Royaume-Uni, une étude a simulé la rapidité de la transmission d’un virus. Bref tout le monde savait… et l’on n’a pas pris les mesures idoines! Promis, juré, on ne nous y reprendra plus! Péché numéro un.

Péché numéro deux – et l’on en demande aussi pardon – : la production des masques, de désinfectant, de respirateurs artificiels, bref toute la panoplie urgente, nous en avons délocalisé la production. Nous nous sommes rendus coupables de dépendance vitale à l’égard de l’étranger. Promis, juré, nous allons reprendre la main et garantir désormais de fabriquer nous-mêmes ce dont nous avons besoin pour survivre!

Sauf que, pour survivre, nous allons nous en remettre à la technique. Nos téléphones sonneront l’alerte dès que nous aurons croisé deux ou trois infectés. Nous allons développer le télétravail, la télécole, les téléréunions, la télédanse, les rencontres téléchorales, les téléemplettes et le télébavardage. Ayant pris conscience que notre santé n’est plus invulnérable, nous nous lovons dans le sein maternel du monde informatique.

Autrement dit: on prend un autre et on recommence, sans conscience de commettre exactement les mêmes bévues.

Tout le monde sait que l’internet mondialisé est fragile. Personne ne le maîtrise. Par quelque étonnant sortilège, les « hackers » ont toujours un clic d’avance. Là aussi, des virus violents violent quotidiennement l’innocence de la toile. Les virus, biologiques ou informatiques, ont cette propriété étrange d’être à la fois certains et peu probables.

Mais il n’y a pas que la méchanceté humaine qui ébouriffe nos électrons: on sait de science certaine que la nature nous joue volontiers des tours pendables. Les experts du site « alertswiss.ch » – bien de chez nous et donc crédibles – écrivent ceci:

« De temps en temps des explosions et éruptions massives se produisent sur la surface du soleil, entraînant l’éjection du plasma à une vitesse de quelques centaines à quelques milliers de km par seconde. Ces phénomènes dits d’éjections de masse coronale – vous avez dit: coronale! – sont accompagnés d’un intense rayonnement gamma, X et ultraviolet et de l’émission de particules à haute énergie. Cette douche de rayons peut atteindre la terre en moins de dix minutes et entraîner des augmentations considérables du rayonnement électromagnétique (tempête solaire) »

Et les savants de décrire les conséquences de ces colères solaires: infection respiratoire des GPS, fièvre de la téléphonie, internet sous respirateur artificiel, production électrique en confinement et autres réjouissances aussi peu probables… qu’une pandémie de Covid19!

La NASA – pas de chez nous mais crédible tout de même – révèle que, le 23 juillet 2012, la terre a échappée à une gigantesque tempête solaire qui aurait renvoyé « la civilisation contemporaine au XVIIIe siècle, du fait que son impact aurait provoqué des dégâts d'une ampleur inédite, dont le coût dépasserait les 2 000 milliards de dollars à l'économie mondiale.» Entre nous soit dit, vu les sommes colossales engagées pour lutter contre la récession d’aujourd’hui, la NASA aurait intérêt à revoir ses chiffres à la hausse.

Bref, pour nous prémunir d’une pandémie dont nous n’avons pas voulu voir les réelles dangers et pour éviter les risques liés à une délocalisation des productions, nous allons nous en remettre à un système aussi vulnérable que la santé humaine et qui, par nature, échappe à tout contrôle local.

En répétant à l’envi que cela ne se produira pas, et que, le cas échéant, on avisera sur le moment.

Nos contritions coronavirales ne valent pas tripette si la confession ne s’accompagne du ferme propos de ne plus pécher.